A l’occasion du 80e anniversaire de la Libération de Saint-Nazaire, au Garage, chaque garagiste a décoré sa vitrine.
J’ai choisi de rendre hommage à mes grands-parents, Marie-Jacquette et Louis Thalabart, témoins de la poche de Saint-Nazaire
Mon grand-père, interne à l’hôpital, a traversé les années de guerre avec ma grand-mère et ses deux enfants. Petite, j’adorais ses récits de guerre : l’horreur du Lancastria, les repas des bonnes sœurs — comme ce bœuf bourguignon mijoté avec les grands crus récupérés dans les caves éventrées —, ou encore cette bombe tombée à ses pieds… remplie de tracts de résistants.
Ma grand-mère évoquait souvent, avec émotion, sa villa à Villès et son jardin d’hiver, tous deux engloutis sous les bombes.
Ils ont été évacués à Bouvron. Enceinte, elle a vécu la reddition allemande avant d’accoucher de ma maman au couvent de Saint-Gildas-des-Bois, le 24 août 1945.
Ils ont ensuite vécu à Avessac où mon grand-père était installé comme médecin et passaient leurs étés à Batz-sur-Mer.
Et moi, 80 ans plus tard, me voilà installée à Saint-Nazaire. Mon entreprise s’appelle Jacquette, en hommage à ma grand-mère
Une histoire de mémoire, de transmission… et de tendresse.
Les photos sont des copies de deux pages de leur album de famille. Ma grand-mère ne respectait pas toujours la chronologie.

